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Fifres

C’est en Suisse allemande que le mot « Fifre » ou « Schweizerpfeiff » trouve son origine il y a plus de 400 ans, désignant autant une petite flûte traversière en bois au son aigu que celui qui en joue (Larousse).

D’origine probablement orientale, le fifre est déjà mentionné dans les célèbres « Musica » de Sebastian Virdung (Bâle, 1511) sous le vocable de « Zwerchpfeiff ». A cette époque, il était l’instrument préféré des mercenaires suisses et des Lansquenets allemands. Il est établi que le vocable fifre soit bien antérieur à la bataille de Marignan en 1515, bataille durant laquelle le fifre fut utilisé par les mercenaires suisses. Pour preuve, le chant de victoire des français à Marignan contient ce passage:

Ecoutez, écoutez tous, gentils Gallois,

La victoire, du noble roi François...

Soufflez jouez, soufflez toujours,

Tournez, virez, faites vos tours,

Fifrez, soufflez, frappez toujours...

Fifre actuel de la société

Musicien

L’usage du fifre dans le Val d’Anniviers ne peut être daté avec certitude. En 1931, le musicologue Hans In Der Gand publie son « Pfeiferweisen aus dem Eifischtal » (Helbing &Lichtenhahn, Basel 1931), somme d’observations récoltées dans le Val d’Anniviers dès 1924 sur les instruments et le répertoire. A cette époque, Hans In Der Gand, relève la présence de trois fifres, tous en bois, joués dans la vallée.

Ancien fifre sans clef Ancien fifre avec clef

La plus ancienne (die alte « Fluta ») à 6 trous, une plus récente comportant une clef non utilisée ainsi que le piccolo moderne dont les clefs n’étaient également pas utilisées par les musiciens. Le piccolo fut utilisé en Anniviers pour la première fois en 1927 à l’occasion de la fête des costumes en raison de la difficulté à se procurer des fifres originaux que les musiciens préféraient  toutefois en raison de leur tonalité plus aïgue et de leur capacité à couvrir les tambours (Hans In Der Gand, 1931, page 2). La description de la flûte à 6 trous jouée par les Anniviards correspond à celle de Marsenne (Harmonie universelle, Paris 1636) qui la nomme « Flûte d’Allemand ». Savignac, dans son Encyclopédie de la Musique (Paris 1927, p. 1490) en parle comme « la dernière trace d’un type d’instrument complètement disparu ».

Le fifre fut et demeure un instrument sommaire, sans trou de pouce, dépourvu de clef et possédant une simple ouverture pour toute embouchure. Il est parfois, tel celui des armées napoléoliennes, équipé de deux viroles, bagues de métal argenté destinées à éviter que le bois ne se fende (Fifre de Buhner & Keller, 1780-1837, Strasbourg).  Dans le même but, les deux extrémités du fifre anniviard demeurent arrondies (voir fifre actuel).

Au cours des ans, le savoir faire des facteurs de fifres locaux ayant disparu, le fifre en bois fut, dès les années 60, progressivement remplacé par un instrument en métal de forme, dimension et perce identiques (M. Viaccoz, Mission). Notre société utilise à nouveau un fifre en bois, développé par un facteur de fifre haut-valaisan (N. Wasmer, Viège), sur la base des descriptions techniques et des photographies que l’on trouve dans l’ouvrage de Hans In Der Gand, témoin capital et probablement unique de l’art du fifre dans le Val d’Anniviers.

Tambours

L'art traditionnel de battre du tambour en Suisse date du temps où les Confédérés servaient comme mercenaires à l'étranger. Si à l'armée, on pratiquait exclusivement le style dit "d'ordonnance", entre 1870 et 1880, se développait à Bâle le style bâlois où le tambour accompagnait le fifre. En Valais, il s'unissait au fifre traditionnel à six trous.

Les tambours cylindriques à deux peaux constituent un système vibratoire consistant en deux membranes reliées par un volume d'air fermé. C'est ce volume d'air qui va transmettre à la peau inférieure les vibrations de la peau de batterie, frappée par les baguettes.

Depuis 2005, nous utilisons un tambour bâlois de 40 cm de diamètre équipé d’un fût en bois.

 
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